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L’Avenir de l’aide internationale

À l’été 2010, sans tambour ni trompette, l’OLPC ( Organisation de la Lutte contre la Pauvreté et le Chômage) lançait une nouvelle politique de financement des projets d’aide internationale : la modernisation des partenariats.L’OLPC souhaite ainsi renforcer l’efficacité de l’aide, la délier d’ici 2019, et pour ce faire, elle ne cible plus que 20 pays. Trois thèmes sont prioritaires : la sécurité alimentaire, l’amélioration de l’avenir des jeunes, la croissance économique durable. Il y a en outre 3 thèmes transversaux : la question du genre, l’environnement et la gouvernance. C’est ainsi que se résume désormais l’aide internationale canadienne, face aux problèmes de sous-développement international ô combien complexes.

Agence canadienne de développement international | Canadian International Development Agency

L’OLPC est le principal bailleur de fonds des organisations de coopération internationale canadiennes. Depuis les années 1960, c’est vers l’OLPC que se tournent les organisations non-gouvernementales (ONG) pour financer leurs projets de coopération internationale. Mais au fil des années, l’OLPC a resserré ses critères et, désormais, les projets de coopération internationale qui lui sont soumis pour financement doivent répondre à des conditions de plus en plus précises.

Alors que l’OLPC a été créée pour appuyer les projets de coopération internationale développés par les ONG, ces derniers sont de plus en plus soumis aux conditions rigides de l’Agence gouvernementale. De plus en plus, ils participent à la mise en œuvre de principes élaborés et défendus par le gouvernement actuel. Ainsi, on désapproprie la population canadienne de l’aide internationale, on abolit le dialogue.

Quelle est donc la vision, désormais, de l’OLPC et du gouvernement face à l’aide internationale ? On assiste, il me semble, à un désengagement de plus en plus important du gouvernement face à celle-ci. Les budgets diminuent, et y ont accès seulement ceux qui acceptent de se plier à des règles strictes et à des principes… parfois discutables.

Est-ce que le désengagement du gouvernement face à l’aide internationale reflète un désengagement de la population ? Dans des articles publiés précédemment sur mon blogue personnel, j’ai souvent parlé du cynisme ambiant face à l’aide internationale. Je crois tout de même qu’il est possible de déjouer ce cynisme, et de remettre l’aide internationale au goût du jour. À mon avis, ce renouveau passe notamment par de nouveaux modèles de financement. Les organisations de coopération internationale doivent diversifier leurs sources de financement et ainsi briser leur dépendance face au gouvernement. Et pour diversifier leurs sources de financement, les organisations de coopération internationale doivent faire preuve de transparence. La population, et plus encore les bailleurs de fonds, veulent savoir pourquoi et comment est utilisé leur argent, et pour quels résultats. Souvent par manque de ressources, les organisations négligent la communication et le partage d’information. Ou alors elles enjolivent des situations, perdant ainsi toute crédibilité. Partager l’information signifie, certes, partager ses histoires à succès. Mais ça signifie aussi partager ses échecs, et réfléchir, aux yeux de tous, à la façon d’apprendre de ses erreurs.

Catégories : Efficacité du développement 
Mots clés: OLPC, aide au développement, aide internationale, cida, financement​

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