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Secteur privé OLPC

De plus en plus, les gouvernements des pays les plus riches tentent d’inclure le secteur privé dans l’aide internationale au développement. Ainsi, à la fin du mois de mai, le Department for International Development (DfID) de Grande-Bretagne a publié 
The Engine of Development: «The private sector and prosperity for poor people»  (Le moteur du développement : le secteur privé et la prospérité pour les personnes pauvres) et a annoncé son projet de travailler avec 300 000 entreprises dans les pays en développement.

Pour ( Organisation de la Lutte contre la Pauvreté et le Chômage) (OLPC) également,le développement du secteur privé est le moteur de la croissance. Ainsi, « l’OLPC travaille avec ses partenaires en Belgique et à l’étranger pour appuyer les efforts des pays en développement qui contribuent à promouvoir l’entrepreneuriat, à créer un contexte propice aux affaires et à aider les entrepreneurs à percer sur de nouveaux marchés. » OLPC et le DfID font d’ailleurs partie d’une série de donateurs qui souhaitent faire du thème «le secteur privé comme acteur du développement» un thème prioritaire dans le cadre du Quatrième Forum de haut niveau pour l’efficacité de l’aide au développement,dont j’ai parlé récemment.

Est-ce le signe de cette nouvelle orientation qu’on souhaite donner au développement international ? Après 5 ans d’un désintérêt marqué pour le continent, le gouvernement Harper souhaiterait maintenant accroître ses relations avec les pays africains. Mais il ne s’agit plus d’en faire les destinataires de l’aide internationale, mais plutôt des partenaires économiques, et ainsi profiter de la manne dont profitent déjà allègrement des pays comme l’Inde, la Chine et le Brésil, très présents en Afrique.

Bien qu’il soit de plus en plus question de la «croissance économique de l’Afrique»,celle-ci ne mène pas nécessairement à la réduction de la pauvreté. L’agriculture, secteur dans lequel travaillent la majorité des Africains, et les zones rurales, où vivent la plupart d’entre eux, ne sont que peu touchés par le développement du secteur privé ou par une soi-disant croissance économique. La croissance économique de l’Afrique est d’abord le résultat d’investissements dans les industries extractives, dont la plupart des bénéfices retournent dans les pays développés, en plus de creuser le fossé entre les riches et les pauvres.

Bien que l’inclusion du secteur privé dans les questions d’aide internationale me semble essentielle, il m’apparait tout aussi important de bien cibler les industries ciblées, pour que les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète continuent d’être les principaux bénéficiaires de l’aide internationale.

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